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La construction du canal latéral
date de 1881. Il s'embranchait sur celui de la Marne à la Saône
près de l'église d'Hoéricourt à cinq kilomètres
de Saint-Dizier et allait jusqu'à Brousseval.
Ce petit canal de 23 kilomètres et 8 écluses appelé
aussi canal de la Blaise donnait un débouché fluvial aux
forges et fonderies de la région de Wassy et alimentait ces mêmes
usines en sable vert (fonderies) et bois de rive (mines de Pont-Varin).
Il était alimenté en eau par la Blaise et le lac des Leschères
(Wassy). Son gabarit était identique à celui de la Marne
à la Saône.
A simple voie, les bateaux pouvaient y circuler avec un tirant d'eau de
1.80 m. Aucun bateau à vapeur ou propulsion mécanique ne
pouvait circuler sur le canal de Saint-Dizier à Wassy sans une
autorisation spéciale de l'ingénieur en chef du contrôle
à Chaumont. La traction des bateaux le long de ce canal s'effectuait
donc par l'intermédiaire du chemin de halage (chemin aménagé
en bordure du canal) et s'effectuait suivant deux modes:
Le halage à la "bricole":
le marinier et sa famille s'attachaient à la corde de traction,
appelée "bricole" pour tirer le bateau.
La traction animale, par chevaux (ânes ou mulets). Les
bêtes appartenaient au marinier qui les logeait à bord,
ou à des charretiers, appelés les "longs jours"
qui disposaient de relais le long du parcours.
Le parcours était le suivant
:
Départ de Brousseval avec un port puis Petit-Champs
avec un port également et Wassy avec ses trois ports. A
Pont-Varin une écluse, le port des minières et une
cale de radoubs (bassin que l'on asséche pour la construction et
la réparation des bateaux). Avant de passer à Louvemont
il y avait un port au Bois-Lapierre, un port au Cratelier
avec
une écluse de même qu'au Buisson. Le canal poursuivait
sa course vers Allichamps (avec un port privé), puis Eclaron
avec ses trois ports et la terminait à Hoéricourt.
La gestion du canal était
concédée à la société des aciéries
de Micheville, division des forges de Champagne, qui percevait les droits
de navigation.
il connaîtra un trafic honorable jusqu'en 1940.
C'est pour agrandir l'aérodrome
de Saint-Dizier qu'en 1940, les Allemands comblent le dernier bief du
canal, entre le pont-canal de Moeslains et sa jonction avec le canal de
la Marne à la Saône.
Cela signe le décret de mort du canal qui, coupé du reste
du réseau, ne sert désormais plus que de drain écrêteur
des crues de la Blaise.
Une petite portion de sa cuvette a été réutilisée
pour y faire passer le canal d'amenée des eaux de la Marne au réservoir
du Der-Chantecoq.
Là où il est encore
visible, ce canal a de beaux restes notamment à Eclaron où
la commune a mis en valeur le chemin de halage et intégré
celui-ci dans
le sentier de découverte. Le parcours de ce sentier emprunte le
pont canal très caractéristique de la génération
des ponts-canaux métalliques construits dans la foulée de
celui de Sarralbe, et dont l'apogée sera le pont-canal de Briare.
L'utilisation du métal pour sa cuvette n'est guère étonnante
dans cette région. On retrouve cette particularité dans
toutes les régions métallurgiques.
Hoéricourt
:
Détruite suite à un bombardement en 1944, la commune d’Hoéricourt vit
toujours dans le cœur de ses anciens habitants et de leurs descendants..
Note juridique:
Afin de garantir l'intégrité des chemins de halage, dans
l'intérêt des mariniers les propriétés riveraines
du domaine public fluvial sont grevées d'une servitude de halage
(espace de 7,80 mètres en bordure du cours d'eau).
La circulation des automobiles et engins motorisés sur les chemins
de halage est interdite et passible d'une contravention. Malgré
le développement de la motorisation des bateaux, la servitude subsiste
mais pour l'agrément des promeneurs.

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